Juillet Aout 2014 N° 1148



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La SNCF propose aux régions de cofinancer la lutte contre la fraude dans les TER

Mai 2014 - N° 1146 - Actualités

Si la maîtrise des coûts de la SNCF n'est officiellement pas un sujet, Alain Le Vern, patron de l'activité TER veut mettre l'accent sur la maîtrise des recettes commerciales. Selon lui, la lutte contre la fraude passe par le développement des billets sans contact qu'il appelle les régions à financer. Pas sûr que cela calme les rapports explosifs entre la compagnie ferroviaire et ses donneurs d'ordre publics.

 

Ancien président de la région Haute-Normandie, Alain Le Vern est devenu un vrai cheminot en à peine quatre mois. Nommé en janvier 2014 par Guillaume Pepy directeur général régions et intercités de la SNCF, l'ex-élu socialiste a épousé sans mal l'esprit de la compagnie ferroviaire et en chante toutes les qualités, avec la foi des nouveaux convertis : «la souplesse, la compétence, l'excellence, la performance». Son discours vigoureux a le mérite en interne de redonner le moral aux troupes de la branche Proximités, meurtrie par les critiques récurrentes qui accablent l'activité TER. «Depuis son arrivée, Alain Le Vern a rencontré en province toutes les équipes dans les technicentres et ailleurs. Les cheminots qui n'avaient pas vu de dirigeants des TER depuis longtemps ont apprécié», indique-t-on en région Rhône-Alpes. Alain Le Vern a également fait le tour de chaque conseil régional et présenté son plan d'action, il y a quelques semaines, devant l'Association des régions de France (ARF).

Des «DATER» à Lyon

Pour satisfaire une vieille revendication de ses anciens homologues régionaux, il s'engage à «décentraliser le fonctionnement de la SNCF qui aura 20 régions dirigées par des DATER, des directeurs aux TER. Cette organisation sera complétement opérationnelle en 2020».

Avec ce fonctionnement plus réactif, qui suppose par ailleurs des réductions d'effectifs, la SNCF promet «un gain de productivité de 12% sur 5 ans». Autre engagement : celle d'une plus grande transparence de la facture que présente la SNCF aux régions pour les TER, en distinguant les coûts qui sont du ressort du transporteur des autres coûts, comme l'électricité. A l'ARF, où les rapports avec Alain Le Vern sont qualifiés de «cordiaux», «on prend acte de cette volonté tout en restant prudent (...) Jacques Auxiette, qui est chargé des questions ferroviaires, a déjà entendu beaucoup de promesses», confie l'association porte-parole des régions.

En théorie, tout va bien

À vrai dire, les discussions entre la SNCF en situation de monopole et ses clients risquent d'être rugueuses, car pour sa première conférence de presse le 8 avril, Alain Le Vern a eu tendance à minimiser les problèmes et à renvoyer la balle dans le camp de ses anciens collègues. Les problèmes de régularité (92,3% en moyenne au premier trimestre) qu'il s'engage à porter à 94% en 2016 ? «Elle a gagné 12 points depuis 2002 et n'est pas si mauvaise aujourd'hui». Le conflit avec les régions comme le Nord-Pas-de-Calais, Midi-Pyrénées, la Lorraine qui suspendent le financement des TER ? «Avez-vous vérifié que ce qui est annoncé est vrai ?», rétorque Alain Le Vern. Le problème de maîtrise des coûts de la SNCF ? La faute en grande partie «aux péages» acquittés par Réseau ferré de France, l'entreprise publique étant par ailleurs selon Alain Vern «capable de produire des TER à meilleurs coûts face à des concurrents comme la Deutsche Bahn».

Pirouette ou pas, sur la question des coûts, le patron des TER estime que beaucoup d'économies seront dégagées grâce aux nouveaux trains Regiolis et Regio 2N («conçus avec la SNCF comme cheville ouvrière») : neufs, ils engendreront des coûts d'entretien moindre, estime le transporteur public. Si la maîtrise des charges n'est officiellement pas un sujet, la SNCF fait de la meilleure maîtrise des recettes une priorité.

Lutte contre la fraude

Récemment nommé «Monsieur lutte contre la fraude» à la SNCF, Alain Le Vern estime le coût ce celle-ci à 300 millions d'euros par an. Elle coûte sans doute plus à l'entreprise et touche particulièrement les TER. Comment lutter contre ? En réduisant la durée d'utilisation des billets à sept jours au lieu de deux mois par exemple. Mais surtout, en demandant aux régions de participer à la lutte contre la fraude par le biais de la généralisation du paiement sans contact. Il doit être déployé en Basse et Haute-Normandie, en Lorraine, en Alsace et en Aquitaine dès 2014. «La question est de savoir comment on va financer la billettique pour lutter contre la fraude», indique Alain Le Vern. En demandant aux régions d'ouvrir à nouveau leur porte-monnaie ? Si elles ne sont plus que onze (dans son discours de politique générale le 8 avril, Manuel Valls a proposé de supprimer la moitié des régions), il va falloir négocier finement...

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